Le tribunal judiciaire de Marseille a rendu sa décision ce mardi 29 avril, déboutant Kad Merad et Julia Vignali de leur demande de plus de 1,7 million d’euros. Le couple poursuivait leur architecte et un artisan pour escroquerie après un projet immobilier qui a largement dépassé le budget initial.
Le 10 mars dernier, le comédien et l’animatrice s’étaient rendus en personne devant le tribunal correctionnel de Marseille pour défendre leur requête. Ils avaient engagé une procédure de citation directe, accusant l’architecte Elisa Q. et l’artisan Robert G.L., dirigeant de la société Dr House, d’avoir commis une escroquerie leur ayant causé un préjudice financier considérable. Bien que les faits concernent une propriété située en Bourgogne, la juridiction marseillaise avait été saisie après l’installation de l’architecte dans la région.
L’affaire trouve son origine dans l’achat, en 2021, d’une ferme que le couple souhaitait rénover pour en faire une résidence secondaire et y organiser leur mariage. Sur les conseils de l’architecte, ils avaient opté pour la démolition du bâtiment principal et la rénovation d’une grange. Le projet, initialement estimé à 770 000 euros, incluant l’acquisition du bien et les travaux, a progressivement dérivé.
Selon leur avocat, le coût total du chantier a atteint près de 1,9 million d’euros, soit une hausse de plus de 200 %. Kad Merad et Julia Vignali dénonçaient une sous-estimation des travaux ainsi qu’un défaut d’accompagnement, estimant que la valeur finale du bien ne permettrait pas de compenser les sommes engagées. Ils affirmaient également avoir été contraints de vendre leur résidence principale pour faire face à cette situation.
À la barre, l’architecte a contesté toute responsabilité. Elle a soutenu que les montants avancés au départ n’étaient qu’indicatifs et que l’augmentation des coûts résultait notamment de modifications demandées en cours de chantier. Elle a par ailleurs précisé ne pas avoir été chargée du suivi des travaux. L’artisan mis en cause ne s’est pas présenté à l’audience. Le parquet, de son côté, a choisi de ne pas formuler de réquisitions, laissant au tribunal le soin d’apprécier les faits.
Les juges n’ont finalement pas retenu la qualification d’escroquerie ni engagé la responsabilité des professionnels. Cette décision laisse le couple face à des pertes financières importantes et met en lumière les risques liés aux projets de rénovation de grande ampleur, en particulier lorsque les estimations initiales ne sont pas encadrées par des engagements contractuels stricts.